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Des Ch’tis bienvenus en Vendée

Ils ont quitté le pays de Saint-Omer dans le Nord, pour celui des Moutiers en Vendée. Depuis deux ans, la famille Maladry est à la tête d’une exploitation bovine de 200 bêtes. Son petit coin de paradis, à 10 minutes de l’océan Atlantique.

 

C’est à l’extrémité de la commune de la Jonchère, au milieu des champs et à quelques kilomètres du littoral Atlantique qu’ils ont trouvé leur bonheur. Une exploitation récente, des prairies attenantes aux bâtiments et une maison qu’ils occupent en famille.

 

Des Ch’tis bienvenus en Vendée

Avec Jérôme, leur fils, Martine et Daniel Maladry sont devenus vendéens il y a maintenant deux ans. Le 1er avril 2012 exactement. Le premier jour du reste de leur vie. «Nous avons déménagé le 12mars 2012 et démarré l’activité le 1er avril » raconte Jérôme. A 33 ans, il co-dirige avec sa mère l’exploitation familiale créée en EARL. « Nous produisons des céréales, du maïs et nous avons une activité de naisseur/engraisseur, principalement en vache blonde. Au départ nous avions près de six races différentes. De la Limousine, de la Montbéliarde, de la Blonde, de la Noire, etc. Mais c’était compliqué à gérer et nous avons divisé le nombre de races par deux.»

 

La gestion justement, est depuis bien rodée. Martine, s’occupe « des vaches, des veaux et de l’administratif. Mais pas des déclarations PAC, ça c’est le travail de Jérôme. » Daniel, le père, retraité de la verrerie Arc International, donne un coup de main de temps en temps, aussi bien pour bricoler que pour réparer la mécanique des tracteurs. Jérôme « supervise et gère tout » explique celui qui n’était pas destiné à une carrière d’éleveur.

 

De la betterave aux céréales «Je n’avais pas de diplôme agricole mais un BTS dans l’industrie. Je n’ai pourtant jamais travaillé dans ce secteur. Dès la fin de mes études j’ai été embauché dans une sucrerie comme responsable de plaine. » Onze années durant, il enchaîne les CDD et les missions d’intérim et développe son intérêt pour le milieu agricole au contact des producteurs de betteraves. Un terrain pas tout a fait inconnu pour le jeune homme, élevé au grand air d’Erny-Saint-Julien dans le Nord-Pas-Calais. «Avec mon mari, nous avons racheté une ferme en 1986» explique Martine, sa mère, «c’était une petite exploitation d’une trentaine d’hectares où nous faisions de la Salers. » L’apprentissage du métier au sein de la ferme familiale fini par donner l’envie à Jérôme de s’installer. «En 2010, j’ai décidé de passer mon brevet professionnel de responsable d’exploitation agricole (BPREA) en parallèle de mon travail à la sucrerie et j’ai commencé à chercher une exploitation à acheter» explique t-il. Si ses études se déroulent sans accrocs, il n’en va pas de même pour ses recherches immobilières. « J’avais trouvé une exploitation à reprendre dans l’Orne. 215 hectares. Mais le cédant s’est montré de plus en plus gourmand au fil des négociations. La vente a fini par avorter.»

 

 

Une affaire de famille

BPREA en poche, Jérôme reprend «son bâton de pèlerin », et traverse une partie de la France à la recherche de sa future exploitation. «Je suis allé dans les Deux-Sèvres et en Saône et Loire mais les projets étaient moins intéressants car moins rentables. »

 

Ses visites l’amènent alors en Vendée, à la Jonchère où un agriculteur cherche à vendre son exploitation. « Il avait un très bon cheptel avec plus de 200 médailles aux concours et un énorme potentiel génétique. » Forcément, le Nordiste n’est pas seul sur le dossier. Plus d’une trentaine de personnes sont candidates au rachat. « Je suis passé par une agence immobilière pour sécuriser l’achat. Ça coûtait plus cher mais le dossier était carré. J’ai pu bénéficier des aides à l’installation. J’ai obtenu un prêt MTS- JA et 15000€ en dotation jeune agriculteur. » Quant aux banques, après avoir essuyé quelques refus lors de sa première tentative d’installation dans l’Orne, elles l’ont soutenu dans son projet. «La banque qui nous accompagne connaissait bien le projet et nous a suivi. » Ce ne fut pas la seule. Martine et Daniel aussi. «Quand j’ai commencé mes recherches, j’ai voulu partir du Nord, poursuit Jérôme. Ma mère m’a alors demandé si ça ne me dérangeait pas qu’ils viennent avec moi. Mon père venait d’être mis en pré-retraite et mis à part mes soeurs et mes neveux, ils n’avaient plus d’attaches particulières dans le Pas-de-Calais. »

 

Sûrs quant au choix de leur fils, Martine et Daniel n’ont découvert l’exploitation de la Jonchère que le jour de la signature du compromis de vente, en août 2011. « Nous ne l’avions vue qu’en photos mais nous faisions confiance à Jérôme» assure la mère de famille. Sans regrets Trois ans plus tard, le bilan est positif, même s’il a fallu repartir de zéro. « Lors de la vente, le propriétaire voulait nous céder l’intégralité du cheptel de Parthenaises mais cela représentait un peu d’argent » se souvient Jérôme. «Nous sommes partis sur une autre approche. Il a vendu son cheptel à d’autres et nous avons repris un troupeau de Blondes. » Des Blondes « qui se sont habituées à nous et nous à la race » témoigne Martine pour qui l’adaptation à la terre, bien « différente » de celle du Nord, a été plus difficile. Jérôme a lui aussi trouvé ses marques et peu à peu transformé l’exploitation : «grâce aux aides de la coopérative, j’ai pu rénover les bâtiments qui n’étaient qu’à moitié couverts. » Désormais il compte « calmer le jeu et augmenter la trésorerie pour être plus à l’aise. Sur du long terme, nous essayerons d’augmenter la génétique du troupeau. »

 

Prudent, le jeune agriculteur ne cache toutefois pas ses envies d’agrandissement sur sa terre d’adoption. « On se sent bien ici. Le climat est agréable et l’environnement est bon ».Un changement de vie que ni lui, ni ses parents ne regrettent. De leur Nord-Pas-de-Calais natal, les Maladry n’ont finalement gardé que la plaque d’immatriculation sur la voiture. Même leur accent ch’ti commence à s’effacer.

Adeline Sennecheau

 

 

L’exploitation

L’exploitation

EARL Maladry – La Jonchère (Vendée)

Jérôme et Martine Maladry

 

L’exploitation

Surfaces

120 hectares dont :

  • 47 ha de prairies
  • 37 ha de céréales
  • 18 ha de maïs
  • 16 ha de tournesols
  • 2 ha de corps de ferme
L’exploitation

Productions animales

  • 200 bovins
  • 70 vaches Blondes par an

  • 100 jeunes bovins par an

L’exploitation

Dates clés

  • 1986 : Installation de Martine et Daniel sur une exploitation de 30 ha à Erny-Saint-Julien (Pas-de-Calais).

  • 2010 : Obtention du BPREA de Jérôme.

  • 2011 : Achat de l’exploitation à la Jonchère (Vendée).

  • 2012 : Installation de Jérôme et Martine en EARL.