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L’intérêt des ZHA

Zones tampons entre les terres cultivées et les cours d’eau, les zones humides artificielles (ZHA) sont un moyen de limiter la pollution de l’eau par les pesticides.

 

Depuis une dizaine d’années, l’IRSTEA, l’Institut national de recherche en sciences et technologies pour l’environnement et l’agriculture – anciennement le CEMAGREF – encourage à titre expérimental la création de zones humides artificielles (ZHA) en milieu agricole.

 

IMGP0712Zones tampons situées entre les champs et les cours d’eau, ces espaces de «traitement» fonctionnent sur le même principe que les zones humides artificielles mises en place pour le traitement complémentaire des eaux usées. 

 

Ils visent à dépolluer les eaux de ruissellement et de drainage des nitrates et des pesticides, et de fait, répondent aux objectifs de la Directive Cadre sur l’eau à savoir une préservation et une restauration à court terme des eaux douces, côtières et souterraines en Europe.

 

 

En aval des bassins versants

 

Situées dans la partie basse des bassins versants,ces zones tampons, à faible pente pour l’écoulement, collectent les eaux issues des sols engorgés en amont. Il peut s’agir de mares existantes aménagées à cette fin. Nous vérifions, avant de les intégrer dans l’aménagement, qu’il y n’aura pas d’impact négatif sur le milieu naturel existant », précise Ludovic Perridy, chef de projet pour Onova* (cf encadré).

 

 

IMGP0725Les autres options possibles sont la création pure de dépression ou la restauration de zones humides qui existaient auparavant.

 

Les zones humides artificielles sont conçues pour récupérer les eaux d’environ 50 ha de cultures lors des périodes de traitement, tout en limitant leur emprise foncière.

 

A titre d’exemple pour 35 ha de cultures, l’ouvrage est de 3 à 4000m2 en vue de collecter environ 5000 m2 d’eau.

 

 

Plus long que large, afin que le cheminement de l’eau y soit le plus long possible, l’ouvrage se situe sur des terrains mis à disposition soit par un syndicat mixte (structure porteuse des schémas d’aménagement et de gestion des eaux) soit par un agriculteur qui en est le propriétaire.Ce dernier est indemnisé s’il entretient la zone et en cas de perte de productivité.

 

Les conditions requises

 

Il faut compter au moins 12 jours de séjour dans une ZHA pour que les matières en suspension dans l’eau décantent et qu’une partie des molécules actives soient dégradées. La dégradation s’opère grâce à l’association des organismes vivants, tels que les bactéries et les champignons, avec les végétaux qui colonisent la ZHA.

 

Toutefois, cette dépollution n’est que partielle, «mais ce type d’initiative peut éviterdes mesures réglementaires plus contraignantes à l’avenir pour le monde agricole. » Les ZHA sont intéressantes dans des zones pédologiques difficiles où les bandes enherbées ne fonctionnent pas (drainages, fortes pentes, engorgement fréquent). C’est un moyen d’action qui trouve sa place dans un plan d’action de reconquête de la qualité de l’eau aux cotés d’autres outils tels que l’implantation des haies, des bandes enherbées, de talus, etc.

 

Eléments paysagers et culturels, les ZHA constituent aussi des réservoirs de biodiversité, notamment dans les secteurs assez ouverts. « On y retrouve essentiellement une biodiversité « commune », mais ces zones humides favorisent la diversification du milieu et peuvent servir de refuge pour des espèces chassables, et des espèces remarquables telles que les rainettes vertes. De plus, les zones humides artificielles participent au renforcement de la trame verte et bleue nécessaire au cyclebiologique des espèces animales », conclut Ludovic Perridy.

 

 

 L’exemple du Syndicat Mixte Layon Aubance en Anjou

 

Le Syndicat Mixte Layon Aubance en Anjou(structure porteuse du schéma d’aménagement et de gestion des eaux) met en place depuis quelques années des actions ciblées sur le bassin versant de la Vilaine. Ce cours d’eau draine des parcelles agricoles sur un esurface de 2000 ha et connaît des pics de pollution mportants. Une reconquête de la qualité del’eau a donc été engagée. Un partenariat entre Terrena Innovation et Onova* a été mis en place pour proposer la
création de ZHA.

 

Plusieurs sites potentiels pour ces ZHA ont été identifiés, dont deux, correspondants à d’anciennes zones humides, qui seront mobilisés pour 2015. Une fois les projets validés par les services de l’Etat, les travaux débuteront sous l’égide du Syndicat Mixte pour un coût de 10 à 20 000 euros/ZHA. Le financement est assuré par des aides financières de structures telles que la Région Pays-de-la-Loire et l’Agence de l’Eau.

 

Ces aménagements viseront donc à recréer des dépressions végétalisées qui seront alimentées parlesdrainsetfossésenvironnants. L’une de ces ZHA participera aussi à la dépollution des eaux en provenance de zones non-agricoles.

 

* Onova est une filiale conjointe de Lyonnaise des eaux et de Terrena, proposant des services pour le monde agricole sur les sujets de l’eau industrielle, la méthanisation, la biodiversité et l’irrigation.