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Muscadet : petite récolte mais de qualité

Les gelées de fin avril puis le printemps pluvieux favorable aux maladies ont fait chuter les rendements en pays Nantais. L’été et l’automne ont cependant permit de récolter une vendange de qualité.

 

 

Une demi-récolte, l’une des plus faible depuis les années cinquante. Ce 21 octobre, les vendanges touchent à leur fin dans le pays nantais. Elles avaient commencé exactement un mois plus tôt. Une récolte longue et étalée, avec souvent des rendements très faibles, notamment dans le coeur du muscadet : «En partie Sèvre et Maine, on est à 24 ou 25 hl de l’hectare, contre 50 à 55 en année normale, tel que l’an dernier. » souligne Xavier Chatenoud des Vignerons des Terroirs de la Noëlle. En muscadet, la récolte devrait se situer entre 150 et 180 000 hl selon la Fédération des vins de Nantes, ce qui est très faible. En revanche, la qualité est là: «Les degrés potentiels sont proches de 12 en muscadet et on a un beau potentiel.»

 

 

Gel et mildiou au printemps

 

 

p1020978Les conditions de fin de cycle ont été bonnes de même que la maîtrise sanitaire. Cependant, il n’en a pas été de même pour le début de la végétation de la vigne cette année. L’événement marquant a été la période de gelées fin avril. La Touraine, avec Chinon et Bourgueil, et le Nantais ont été particulièrement touchés tandis que Saumur et l’Anjou beaucoup moins. Au coeur du muscadet, les dégâts ont pu atteindre 80%chez les vignerons du secteur de la Haye Fouassière, Vallet, le Pallet, Le Landreau et La Chapelle Heulin, avec une très grande hétérogénéité selon les parcelles. Certains vignerons n’ont récolté au final que 9 à 10hl de moyenne à l’hectare. L’impact économique restera limité pour ceux ayant contracté une assurance contre les risques climatiques (gel, grêle, etc.). Il semble toutefois que sur les 600 exploitations viticoles du nantais, un quart seulement aient recours aux assurances récolte.

Cet épisode de gel survenu entre le 27 et le 29 avril n’est pas seul en cause. Les vignerons ont en effet essuyé un printemps catastrophique du point de vue de conditions climatiques. Sur le seul mois de mai il est tombé 170mmde pluie en région nantaise; c’est plus qu’un mois d’hiver! Ce déluge a été suivi par un mois de juin lui aussi exceptionnellement pluvieux avec 65 à 70 mm selon les secteurs. Ces très mauvaises conditions météo en pleine période de végétation de la vigne peuvent avoir eu un impact sur l’initiation florale des bourgeons qui se produit en juin et par là conditionner la récolte suivante. Dans l’immédiat, les vignerons ont dû faire face à la prolifération du mildiou. La pluie et le vent ont perturbé la bonne réalisation des traitements au moins jusqu’à mi juin. Qui plus est, il semble que les modèles de prévision qui donnent le top départ pour les traitements aient été pris en défaut. «La modélisation nous disait de traiter le 16/05 mais on était en retard par rapport au champignon qui était déjà actif » selon Pierrick Babonneau vigneron au Landreau et administrateur en charge des Vignerons des Terroirs de la Noëlle. Les fongicides n’ont qu’un effet préventif ce qui milite leur efficacité s’ils sont effectués une fois que le champignon est déjà actif dans les plantes. «Là en fait, on n’a fait que courir après lui pour essayer de l’enrayer, avec la difficulté qu’on avait peu de temps pour intervenir vue la météo.» Il en est résulté des attaques très importantes partout dans le vignoble du Val de Loire.

 

Dès que le temps s’est mis au sec début juillet, les dégâts sont devenus flagrants tant sur les feuilles les grappes mais aussi les rameaux: «Je n’ai jamais vu une attaque aussi virulente.» Ces dégâts ont affecté les rendements comme les trésoreries des vignerons du fait des traitements répétés. L’été qui a suivi fut exceptionnellement sec et chaud. Cela n’a pas été préjudiciable à la vigne dans le nantais car celle-ci était globalement peu chargée en raisins. Malgré la virulence du mildiou, le feuillage résiduel a permis d’atteindre la maturité et un degré satisfaisant pour un millésime de qualité finalement assez tardif, comme c’est le cas depuis le début de la décennie. En Anjou, l’été s’est révélé plus problématique. Le stress hydrique a entraîné un blocage végétatif. «Mais grâce aux pluies de fin septembre, on a eu un déblocage de la maturité, des rendements satisfaisants, et la qualité est là aussi au rendez-vous» souligne Xavier Chatenoud.

 

 

Des stocks suffisants pour compenser

 

 

A l’échelle de la coopérative, les conséquences de cette année très atypique seront très limitées : « Nous n’aurons pas de problèmes pour alimenter nos marchés sur lie grâce aux stocks de 2015 et avec cette petite récolte de qualité également. Notre nouvelle organisation commerciale avec Ackerman et les négoces nous permet une gestion optimisée des volumes pour répondre aux attentes quantitatives des clients» selon le directeur de la cave. La petite récolte va entraîner une augmentation des cours qui ne suffira pas toutefois à compenser la chute des rendements «Pour les volumes de nos appellations nantaises, nous sommes sereins pour l’année qui vient.» Les stocks sont certes suffisants mais il faudra l’an prochain une récolte normale pour les reconstituer.

 

Dominique Martin