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L’hygiène, premier levier de la démédication

 

Les deux associés de l’EARL de la Porte accordent un soin particulier au nettoyage et à la désinfection de l’ensemble de leurs bâtiments d’élevage porcin après chaque bande. Cela fait partie des « petits plus faisant la différence » en termes de dépenses de santé.

 

De son certificat de spécialisation en porc à Crédin, Stéphane Crochard a retenu une phrase entre autres choses: «le premier antibiotique, c’est le balai ! » Pour laver les différents bâtiments de son élevage de porcs, l’éleveur utilise plutôt un équipement à haute pression, mais l’importance donnée au nettoyage lui est néanmoins restée.
A chaque étape de la production, les 210 truies de l’EARL de la Porte s’installent en effet dans des salles propres et désinfectées: verraterie, salle de gestation et maternité. « Tous les éleveurs nettoient la maternité à chaque bande, observe David Peroz, vétérinaire au service porc de Terrena. Ce n’est pas systématique en ce qui concerne la verraterie et la salle de gestation. » Pourtant, cette façon de faire contribue à la démédication de l’élevage.
La dizaine de cochettes arrivant toutes les six semaines avec un statut sanitaire maîtrisé reste d’abord en quarantaine durant cinq semaines, dans une zone paillée « où l’on change de chaussures ». Elles commencent ensuite à entrer en contact avec des animaux de l’élevage avant d’intégrer la verraterie pour cinq semaines, puis la salle de gestation pour onze semaines. « J’ai besoin d’une heure à une heure trente pour laver au Kärcher les trente places de la verraterie, et de deux heures trente pour la salle de gestation, même en présence d’animaux, indique Stéphane Crochard. Après le lavage à haute pression, nous désinfectons systématiquement avec un canon à mousse. Les ventilateurs sont également nettoyés. »

 

Pas de lisier sous les mères

 

 

Dans la maternité de 30 places que les truies intègrent une semaine avant la mise-bas pour une durée de cinq semaines au total, le nettoyage « du sol au plafond » demande cinq heures.
Il comprend l’évacuation du lisier sous les caillebotis. En effet, le bâtiment de 2012 est équipé d’une fosse peu profonde ne permettant pas de stocker les effluents sous les mères. En plus d’être efficace en matière d’hygiène, ce bâtiment est également économique en énergie puisque l’absence de gaz issus du lisier limite les besoins en ventilation.
«Nous n’avons pas volontairement démédicalisé, souligne Stéphane Crochard. En réalité, nous n’avons jamais vraiment eu besoin d’utiliser de traitement de masse car la situation sanitaire est stable. Sans doute avons-nous été davantage sensibilisés à l’hygiène par notre passé d’éleveur multiplicateur. Nous avons aussi la chance d’être dans une zone où la densité des élevages est faible. »
Les cochettes sont vaccinées à leur arrivée contre la parvovirose, le rouget, la rhinite et les diarrhées colibacillaires (en deux injections). Les rappels se font avant la mise-bas. «En général, le vaccin anti-diarrhée est réalisé à chaque cycle, précise le vétérinaire. Mais ce n’est pas le cas ici: il est fait uniquement à la première mise-bas. » Quant aux porcelets, ils sont vaccinés contre le mycoplasme et le circovirus, mais pas contre les diarrhées.

 

 

Faciliter la transition alimentaire

 

En maternité, les traitements ne sont pas nécessaires. Les éleveurs s’assurent de la bonne prise du colostrum durant les six heures après la mise-bas. «Ce sont des cas rares, mais si un porcelet ne tète pas bien, on traie la truie après injection d’ocytocine et on intube le petit, explique Stéphane Crochard. Cela évite d’avoir un animal malade qui va contaminer les autres. » Pour faciliter la transition alimentaire du lait vers l’aliment sec au sevrage, les porcelets commencent à avoir accès à cet aliment sous forme de soupe, dès la maternité. Leur système digestif se dote ainsi progressivement des bactéries adaptées et cela contribue à la réussite du sevrage. Plus tard, à l’engraissement, ils recevront toute l’année la même recette d’aliment fabriqué à la ferme. Les proportions de blé et de maïs sont stables, et le maïs est préparé en pré-soupe avec de l’eau pour baisser le pH à 3-4 et éliminer ainsi les bactéries.
Dans la salle de post-sevrage où les porcelets vont passer cinq semaines, le fond de la fosse a été nettoyé avant leur arrivée. Cette pratique encore peu répandue chez les éleveurs porcins, permet là aussi de limiter la ventilation et de maintenir une température suffisante pour les jeunes animaux. A part la vaccination contre la circovirose et le mycoplasme, ceux-ci ne connaîtront aucun traitement collectif au cours de l’engraissement, ce qui permet une valorisation dans la filière La Nouvelle Agriculture© (aucun traitement antibiotique après l’âge de 42 jours).
« Nous n’avons pas l’habitude de traiter donc nous n’aimons pas trop ça, reconnaît Stéphane Crochard. Parfois, quand ça tousse un peu, nous utilisons de la vitamine C, du paracétamol et un mélange d’huiles essentielles. Ce traitement léger est possible car nous avons un bon état de santé général.»

 

 

Bien-être animal

 

Afin d’optimiser ses coûts et embaucher son salarié à plein temps, l’EARL de la Porte prévoit d’atteindre 260 truies et 7 000 porcs charcutiers par an en 2018. Pour cela le réaménagement de certains bâtiments est en cours en prenant en compte des critères de bien-être animal, également source de bonne santé. Un des deux sites est désormais spécialisé en engraissement. Les éleveurs y construisent une extension pour doubler le nombre de places. Cet agrandissement comprend quatre salles de 180places chacune, avec notamment 0,8m2/porc et trois grandes fenêtres (150 x 83cm) par salle, contre deux petites fenêtres (83 x 83cm) dans les anciens bâtiments. Cette mise aux normes relative à la lumière avait déjà été effectuée en 2011 dans le bâtiment des truies gestantes

■ Nathalie Tiers

 

 

L'exploitation

2 associés (Stéphane Crochard et Daniel Bonenfant) et un salarié à mi-temps

Productions animales

  • • 210 truies
    • 5 000 porcs charcutiers par an

Surfaces

  • 1150 ha de SAU dont :
    • 50 ha de maïs
    • 50 ha de blé
    • 20 ha de colza
    • 20 ha d’orge
    • 10 ha de lupin

Dates clés

  • 1996 : Daniel Bonenfant s’installe sur 90 ha et crée un élevage de 70 truies pour la multiplication
  • 2001 : Stéphane Crochard devient salarié sur l’exploitation qui compte désormais 170 truies
  • 2008 : Stéphane s’installe à son tour. L’exploitation passe à 150 ha et 210 truies sur 2 sites distants de 4 km
  • 2012 : arrêt de la multiplication. L’élevage devient naisseur-engraisseur de 5 000 porcs/an
  • 2018 : l’objectif est de passer à 260 truies et 2500 places d’engraissement, soit 7000 porcs charcutiers/an